Un vers d’O

cover_v5_1

O, c’est le joli projet solo d’Olivier Marguerit – par ailleurs guitariste hanté et inspiré des tournées de Syd Matters. Il prend pour l’occasion un acronyme aussi minimal qu’évocateur pour un premier album Un torrent, la boue, ruisselant et rafraichissant.

La comparaison avec le groupe de Jonathan Morali est inévitable et ressort fortement sur certains morceaux (La Rivière, Bebi, A Kiss) mais Marguerit chasse sur des plates-bandes moins mélancoliques et dépressives. Avec l’amour en fil conducteur, O s’adresse à une muse invisible (la « Daisy si désirée » de Mon Echo ?), il s’amuse, il esquisse un tube pop (My Heart Belongs to You), met à mal les structures traditionnelles de la chanson (Répéter/Disparaître, Mon Echo, Un torrent, la boue) ou ose un titre sensuel à en faire rougir Gainsbourg (A Kiss).

Plus troubadour, il surprend par une certaine allégresse, une légèreté bienvenue, bien aidé par une maîtrise étonnante de l’écriture en français, réputée si difficile. Ses textes sont moins réalistes que ceux de Dominique A ou Florent Marchet, moins torturés que ceux de Biolay, moins niais que ceux de François and The Atlas Mountains. Ils sont touchants et poétiques, à l’image de cette jolie phrase qui ouvre l’album « Un jour je t’offrirai l’odeur du coton », presque un vers. Un torrent, la boue, le titre éponyme est sûrement son texte le plus abouti, un poème en musique quasi apollinairien, accompagné du chant des obus qui tombent. On le retranscrit ici :

torrent

On reste plus séduit par son songwriting acoustique que son utilisation des sons électroniques parfois un peu kitchs mais O a le mérite de tenter beaucoup et de réussir presque à tous les coups sur ce premier album de haut vol*.

*notre charte nous impose de cantonner les jeux de mots aux titres, on a donc raturé O du pavé, de O vol, electrO