Jamie XX – Au Zénith, c’est fort…

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Pour ne rien louper du set de Jamie XX au Zénith, nous sommes arrivés tôt, très tôt (peut être trop). On a pu apercevoir le set de Bambounou, une électronique assez classique qui sonne bien dans une antre pourtant réputée assez décevante en terme de qualité sonore. Vers 19h45, il laisse finalement sa place à Four Tet, qui a choisit d’accompagner Jamie XX sur un certain nombre de dates de sa tournée 2015/2016. Four Tet, ou Kieran Hebden de son petit nom, commence par un DJ Set très jungle 80’s. Cela nous laisse le temps de boire quelques pintes, histoire de nous ambiancer (20h – mercredi soir). On sent alors le volume monter dans la salle, les discussions s’estomper et les spectateurs commencer à se prendre au jeu du live. Notre plongée se fera au premières notes de Love Cry, annonciateur d’un mix entre DJ set et véritable live. C’est alors que l’on entend les première notes d’Angel Echoes. On est dedans, prêts à danser.

Finalement, Jamie entre sur scène (vers 21h15). Timides signes de la main au public, petits sourires à Kieran, petits checks de remerciement / « Eh ouais les gros on est tous potes en fait », hum hum… Une entrée devant les platines qui reste très sobre en somme. On ne s’attendait pas vraiment à autre chose, connaissant un peu la timidité du bonhomme.

Lorsque Jamie s’attèle aux platines, le son augmente encore, la salle s’éteint et laisse place à plusieurs dizaines de spots et boules à facettes : ambiance boite dans le Zénith. Jamie alterne les très belles compositions de son album, (que l’on a chroniqué il y a quelques mois ici), avec des morceaux très 70’s 80’s, et notamment un très bel hommage au grand Bowie, balançant un petit Let’s Dance au début de son set, sans aucune pression. La multiplicité des lumières roses, se reflétant notamment sur la demie-boule à facettes géante à l’arrière scène, créée une ambiance très 80’s dans la salle. Les faisceaux sont réfléchis sur une énorme toile blanche en arc de cercle derrière la boule. Cela aboutit à un effet visuel très réussi. Une chose est sure, le public est conquis par l’hommage. Jamie se lance, maitrise, et n’a pas peur. On aime et on apprécie le clin d’oeil très approprié, tout en fête, de l’Anglais à l’autre… Anglais.

La demie heure suivante de son set est pourtant assez décevante. Jamie se lance dans un trip electro/hard tech (bon ok peut être pas à ce point, mais bien violent en tous les cas). Alors qu’on y a pensé toute la soirée, c’est à ce moment que la puissance des basses, beaucoup trop violentes, nous gêne le plus. Connaissant la salle, on s’y attendait.

Une petite anecdote qui nous permet d’ouvrir une parenthèse sur la mode actuelle aux « basses surpuissantes ». Encore une fois, gâcher un tel talent, une telle finesse par des réglages dignes d’une rave des années 90, quel dommage. Qui plus est, des réglages qui sont dommageables pour la beauté du son en question, mais également pour nos tympans. Bref.

Passée la demie-heure relou, Jamie en revient à ses classiques. On arrive à passer outre la violence des basses et des ultra-aigus pour se concentrer sur la prouesse technique. Dans ma chronique d’album, j’avais émis quelques réserves quand à la piste Gosh, ouverture « symbole d’une hype un peu désuète » de l’album. Cependant, les effets lumineux à cet instant nous font oublier nos sentiments sur ce morceaux. La fumée artificielle est en effet éclairée par des spots alternant les couleurs arc en ciel, jaquette de l’album de l’Anglais. La reproduction de son visuel en lumière est tout simplement hallucinante. L’effet est parfaitement réussi et nous remet sur les rails pour terminer en beauté ce live. Après un récital de ses classiques (Le parfait All Under the Roof Raving, l’aérien Far Nearer, l’harmonie progressive de Sleep Sound) et bien sûr l’hymne de stade I know There’s Gonna Be (Good Times) (mais bon on l’aime bien, donc on a chanté telle sa première groupie comme tous les autres). Il conclut finalement son live sur le très sensuel Girl.

On a mal aux jambes, faim, on est fatigué, on a plus de tympan à l’oreille droite, mais on aura quand même passé un très bon moment. Largement à la hauteur de nos attentes, le Londonien démontre derrière les platines une dextérité ainsi qu’un professionnalisme de l’ordre du remarquable. Si ce n’est cette tendance aux grosses basses qui nous pourrit un peu notre vie de spectateur en ce moment, on est très satisfait de notre soirée. En d’autres termes, un set de grande qualité, entre flegme anglais et classe timide, on vous conseille vraiment d’aller voir le Londonien en concert, mais dans une salle de qualité ce serait sans doute bien mieux.