KL vs PB : duo de jeunots

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L’un est un Normand encore à réviser son bac de français, l’autre un poil plus âgé, originaire d’un pays sans doute plus chaud, il est temps de s’atteler à cette nouvelle génération dont on entend souvent du bien !

Petit Biscuit

Déjà courtisé par toutes les maisons de disques les plus prestigieuses depuis sa sensation Sunset Lover (piste 2 de l’EP), Mehdi Benjelloun, jeune Rouennais de 16 ans et quelques brindilles tient pourtant à rester hors du circuit de production pour l’instant. Rejeton de la génération Fakear / Nowadays, dans l’ombre de la révolution Bonobo, Mehdi joue sur le triptyque : percussions exotiques / guitare clean / sample de voix transcendantes. Rien de bien original me direz-vous, oui mais il le fait bien. Son premier EP, sobrement affublé de son simple pseudonyme, est autoproduit (il y tient). Cela contribue sans nul doute à son identité.

Des titres classiques (peut être trop pour certains), mais une innocence toujours rafraîchissante. Cet EP inspire la jeunesse à l’état pur. Des pistes souvent très mélodieuses, atmosphériques puisque souvent fondées sur de simples arpèges. On s’est souvent trituré l’esprit pour chercher au plus complexe, mais parfois la simplicité suffit, Petit Biscuit semble le proclamer.

Attention pourtant à ne pas se laisser entraîner par ses influences, telle que Flume, très (trop) reconnaissable sur Jungle. S’il s’agit sans doute d’une simple réminiscence, il serait dommage de perdre toute identité, surtout pour ressembler au plus commun de l’électro actuelle.

On notera tout de même la réussite des deux dernières pistes de l’EP, notamment Full Moon. On apprécie l’effort des quelques contretemps, des textures sonores un peu travaillées, et l’atmosphère un peu plus dynamique qu’à l’habitude. A l’image d’une track simple, mais belle ; sans doute peu originale, mais belle ; très jeune, mais belle. Certes, la beauté ne veut sans doute pas dire grand chose tant son appréciation est irrationnelle, mais on doute que vous soyez en désaccord avec nous à l’écoute de son EP.

Kazy Lambist : « The Coast »

On associe les deux garçons du fait de leur parcours au sein des Inrocks ainsi que la date de sortie de leur EP, pourtant musicalement rien ne parait les rassembler. Pour nous, c’est aussi parce qu’on a découvert Sunset Lover (de Petit Biscuit) en écoutant l’Opening Light Mix de Kazy Lambist il y a quelques mois.

Arthur Dubreucq aka Kazy Lambist, découvert depuis son superbe titre « Doing Yoga »sorti en Mars 2015, enchaîne les bonnes prestations jusqu’à sa victoire du concours des Inrocks Lab quelques mois plus tard. Le Montpelliérain, du haut de ses 23 ans, amène la plage jusqu’à nos contrées urbaines grâce à cet EP. Certains qualifient sa musique de chill-wave à la française, d’autres d’électro-pop ensoleillée, on vous avoue qu’on fatigue un peu des terminologies chelous pour décrire toutes les influences du garçon. C’est pourtant certain que KL trouve son inspiration entre la pop des 80s et actuelle, du cool jazz des 60s, et même du hip-hop des 90s (il a d’ailleurs commencé par là dans ses premiers projets). Un problème de terminologie qui colle à la peau du Montpelliérain, affirmant lui même qu’il n’écrit pas de paroles portant un message, ou même sensées, mais simplement des mots qui sonnent et participent de son atmosphère.

Quant à l’EP, on appréciait déjà On You très electro, qu’il avait publié il y a quelques mois. Arthur a d’ailleurs gratifié le morceau d’un clip au moment de la sortie de The Coast. S’il s’agira surement de l’un des EPs de l’été (sur la plage tranquille posétoussa), il semble pourtant peu probable qu’il dépasse ces quelques mois dans nos playlists. On est un peu déçu de ne pas retrouver l’ambiance un peu plus électro-hip hop qu’on avait beaucoup aimé sur Doing Yoga, piste sans doute plus aboutie que celles de l’EP. En dehors d’On You, si All I Wanna Do fait quelques peu remuer nos caboches, dans l’ensemble on a un peu le même sentiment que lors du tournant Metronomy : une pop pas désagréable mais vraiment pas transcendante. Un son trop gentillet (bon ok, KL ça a jamais été bien méchant mais quand même), peut être trop pop pour nous. Même si quelques phrases auraient pu élever certaines pistes (Duke Elise & I à 1 minute 30 par exemple, mais qui se termine pourtant par un retour à sa pop ensoleillée préférée).

C’est pourtant dommage, on aimait vraiment bien la progressive Headson (et quelques uns des remix aussi), et même Big Fish, ses harmonies, son refrain entêtant et sa petite phrase jazzy au synthé (+ son clip) déjà plus tournée vers la pop, sorties quelques mois avant son EP. Certains aiment sa pop minimale du soleil, on fait plutôt partie des autres. Mais on le sait, le garçon a du talent plein la tête. De notre coté, on s’accrochera à l’idée qu’il ne s’agit que d’un premier EP, et que KL prendra (peut-être) un tournant plus électro pour notre plus grand plaisir.