Totorro – Le fun au Mexique

Totorro is back. Album de l’année direct.

Bon OK, soyons honnête, on avait pas forcément accroché au départ, avec la sensation diffuse que les Rennais voulaient d’une manière ou une autre « forcer la chose ». Mais non, c’est juste qu’autant de zigzags, croche-pieds, et soubresauts rendent nécessairement l’album un peu rustre au premier abord. Et en fait, après un minimum de 3 écoutes, c’est le fun. Mais genre le maximum de fun.

Le positif du math-rock, sans le négatif. Ne reste que les bons côtés de la chose : un savant mélange qui s’abreuve à toutes les sources du rock, une débauche d’effets au service de la créativité, et à peu près aucun titre à jeter sur un deuxième album qui réussit l’exploit d’être encore meilleur que leur précédent album.

Parmi toutes les choses qu’on pourrait reprocher au math-rock, aucune ne figure sur Come to Mexico. Pas de dégoût viscéral pour la distorsion, l’album en est rempli. Les mélodies sont à la fois ultra calées et également incroyablement groovy, comme très peu de groupes savent le faire. Come to Mexico convoque donc le meilleur de tout ce qui fait dans le rock, pour y tordre joyeusement le cou. Beverly Pills témoigne entre sincérité et savant foutage de gueule d’un amour du rock américain le plus brut. Gérard Blast fait faire du post-rock au post-rock lui-même.

100% Repos, titre pour le moins ironique, est sans doute ce que le groupe a fait de plus directement punchy. Et je ne sais pas s’il y a quelque chose de mieux qu’un groupe habitué aux digressions et contrepieds musicaux en tout genre, qui se calme deux minutes pour te foutre une bonne grosse patate à 4 temps dans la face.

C’est original, et en plus c’est bien foutu.

Bon et puis ces titres aussi quoi. Saveur cheveux, 100% Repos, Tomate polisson. Bernard Pivot est fier de vous les gars.